Oui, c'est une évidence, l'univers est noir surtout la nuit, disait Fernando, c'est ce qui me donne l'intime conviction que c'est la poésie qui l'illumine. Sinon d'où viendrait toute cette douceur lorsque le soleil plonge derrière l'horizon, éclaboussant au passage d'orange et d'or nos plus intimes certitudes. Lorsque tout s'emplit peu à peu de mystère et que nous prenons conscience de notre durée sur terre, il n'y a plus de raison d'exister socialement. Il suffit d'écouter les oiseaux qui ignorent le savant solfège des hommes et donne le plus beau des concerts depuis l’éternité. Il est des navires sans route, condamner à tourner en rond sur les cartes du temps, je me souviens en avoir croisé en pleine mer, lorsque la lune surgit au ras de l'eau argentée, leurs silhouettes nous donnent une paix très douce pour l'esprit. C’était du temps où je détestais les lignes foncées qui indique la côte et le retour à la sournoise réalité des hommes. Les nuits se passaient à converser avec les étoiles posées sur le plafond de mes chambres à connaissances, soit les passerelles de nombreux cargos et qui me bercèrent de quart en quart. J'aime les mouvements de l'éloignement, le bruit des vagues clapotant sur la proue et les tempêtes s'amusant à nous faire peur en engloutissant à moitié le navire. Cette joie, cette liberté, je la retrouve en contemplant les étoiles qui s'allument une à une comme les plus beaux poèmes et qui indique la route à des gens heureux qui savent voir aussi loin que l'imagination le permet, soit à l'infini.
philsland©ConstellationRéflexion
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