Une brève journée

Eventant sur nos visages la bruine des saisons, dans le matin furtif, accomplissant sa courte visite, on peut voir l'amour traverser les rues. Comme un poisson doré saisi dans son monde de glace, Je ne suis citoyen d'aucun pays, Je suis simplement, existant au delà du monde où l'on mesure au millimètre près le bien du mal. La douleur vient de la séparation des routes et mon âme baigne dans l'ocre jaune à jamais. Une deuxième vie est nécessaire, pour qu'au moins nous pardonnions, déjà Les chauves souris du soir affluent et les lanternes s'éteignent, laissant la lune éclairer nos rêves depuis l’enfance. Il me semble soudain que je vois tes cheveux qui passent, pourtant le grand portail est fermé, les buissons de jasmins frémissent sous le souffle du souvenir, une flamme blanche brusquement, la couleur. Effacée. Eclat dans les yeux. Le noir. Capture d’écran 2015-12-31 à 23.43.38

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Grains de rêve

Lorsque tout autour devient sombre les yeux commencent à voir, et je te reconnais entre les vagues qui approchent. Dis moi aube ce que demain m'apportera tu es tellement lointaine que l'on a du mal à te déchiffrer. Autrefois, il y avait ici une autre saison, aujourd'hui tant de tristesses calculées et de mornes sourires.Je vois au loin une tribu de virago accrochée à l'épave d'un monde déchu, les jours n'attendent rien de gens pressés.Il nous faut apprendre du précaire, sans relâche.Femme épanouie en ton climat de douceur qui s'élève de la terre, tu es la seule à avoir mise à nu la poésie avant de te laisser emporter par le vent avec tes mots simple délicatement posés sur des forêts et des champs d'espoir. Chose incomprise à l'instant où mourir est toujours devant soi, l'homme lui flotte toujours entre les deux bleus, la mer et le ciel, matin et soir et se mélange à ceux qui manque d'amour. Nous aurions dû nous rendre plus tôt à cette sage évidence, à nouveau attendons le printemps aux milliards de grains de rêve posés sur nos cils.

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L'hiver nous oubliera

La nuit redouble d'attention, je doute de ce qui se rapporte à moi-même. L'ombre se glisse sous la page blanche, doucement j'entre en moi. Voici l'automne j'en recueille les dernières couleurs dans mon mouchoir bleu collé à la vitre, déjà j'esquisse sur la blancheur de l'hiver. Dans nos main une étoile, qui nous rappelle que nous disposons de jours qui nous sont comptés, souviens toi, les gens de notre espèce se doivent de vivre vite, car tout existe dans un seul jour, est-ce pour cela que l'aube nous surprend toujours. L'apothéose c'est la mer et le fond de tes yeux, où se trouve une fontaine de fleurs, voilà ma vie, voilà mon bien. Un rosier gelé craque déjà en mon regard figé, ce qui nous fait oublier, dure toujours si peu. La source n'existe pas sans ravines c'est pour cela que je cherche l'espoir que tes doigts me feront encore rire au fond des mots. Je t'aime comme on aime l'eau et le vase en terre cuite qui en contient, bientôt l'aube nous relancera le soleil dans la chaude odeur des jasmins et l'hiver nous oubliera.

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Tout est bien

Entre ciel et terre, je ne désire plus que les arbres, voici donc ce que je suis ce que je n'étais pas quand enfant je contemplais les étoiles.J'ai tout oublié, j'écris, parce qu'oublier et un don, mais je me souviens que nous sommes montés de la mer. Que la terre donne toujours comme sujet au monde, un petit jardin qui repose entre les îles au milieu d’un vent fondant comme cire. Là-bas, l'été s’établit toute l'année, plein de lézards, de sable, de pastèques. Les amours durent tant qu'ils rafraîchissent.Vagues sur vagues roulant contre moi, mot après mot je trouverais au plus profond du bleu de la terre, une chose incomprise à l'instant, au milieu du silence ma médiation voyage entre mes mains ouverte, mourrir est toujours devant. L'ourlet du rivage s'est posé sur tes cils, tu es devenue mon ombre entre ciel et terre, tout est bien.

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Le soleil roule

6174669456_IMG_0565C'est l'heure du retour des choses, sur la mer et sur la campagne se glisse une ombre lente et mon pas tremble. Déjà le pin pluie et sa couleur rousse écureuil grignote l'automne qui s'annonce.Tandis que les colonnes du silence veillent sur d'inutiles médias, depuis le bord d'une terrasse aussi blanche que le ciel des constellations, je regarde ma plume qui marche toujours devant, envie d'écrire, envie de vivre. Les paroles évoquent des actes trop souvent manqués, l'éloquence de l'eau évoque nos libertés perdues, le passé sommeil à nos côtés. Le désir du satin attire la main ténue, besoin de donner des soins futiles à un rosier impensé. Tout n'est qu'apparence et illusion sans la connaissance du code de l'univers. La mer laisse toujours ses oreilles sur la plage, m'a confié Eluard et seule ta présence vainc la perfection de l'homme. Le soleil doucement roule en nos regards amoureux, nous ouvrons les yeux sur les océans et les campagnes. Bientôt parmi les saisons au mille couleurs, je promènerai ma main sur le sourire de ta peau.

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