Elle m'a dit

23622023_10155380727333375_3561119410089105052_nJe n’ai pas fait de maison, ailleurs qu’à l’intérieur de moi-même, je ne crois pas en Dieu, à la spiritualité, juste en l’honnêteté face à moi-même. Mon propre regard est mon seul juge, ma seule justesse. C’est ici, ma solitude et mon silence, la meilleur réponse au questionnement de l’individu. L’individualité, et le peu d’importance que prennent les évènements. La dérision, et l’infini, le poids d’un si grand espace, pour un être si petit… Et si tu comprenais, sans que jamais l’on ne parle, et qu’enfin je trouve un sommeil entier, qu’un seul de tes bras suffit à mon repos. Qu’il n’est rien d’autre, que l’ écho de ma propre voix, qui cogne encore avant de mourir. Je n’ai pas d’autre maison que cet espace et ce vertige. Ce doux poison qu’est, ma solitude. Et si tu comprenais, sans que jamais l’on ne parle, et qu’enfin je trouve un sommeil entier, qu’un seul de tes bras suffit à mon repos.

©Philsland&Valhère


Une brève journée

Eventant sur nos visages la bruine des saisons, dans le matin furtif, accomplissant sa courte visite, on peut voir l'amour traverser les rues. Comme un poisson doré saisi dans son monde de glace, Je ne suis citoyen d'aucun pays, Je suis simplement, existant au delà du monde où l'on mesure au millimètre près le bien du mal. La douleur vient de la séparation des routes et mon âme baigne dans l'ocre jaune à jamais. Une deuxième vie est nécessaire, pour qu'au moins nous pardonnions, déjà Les chauves souris du soir affluent et les lanternes s'éteignent, laissant la lune éclairer nos rêves depuis l’enfance. Il me semble soudain que je vois tes cheveux qui passent, pourtant le grand portail est fermé, les buissons de jasmins frémissent sous le souffle du souvenir, une flamme blanche brusquement, la couleur. Effacée. Eclat dans les yeux. Le noir. Capture d’écran 2015-12-31 à 23.43.38

©Philsland


Grains de rêve

Lorsque tout autour devient sombre les yeux commencent à voir, et je te reconnais entre les vagues qui approchent. Dis moi aube ce que demain m'apportera tu es tellement lointaine que l'on a du mal à te déchiffrer. Autrefois, il y avait ici une autre saison, aujourd'hui tant de tristesses calculées et de mornes sourires.Je vois au loin une tribu de virago accrochée à l'épave d'un monde déchu, les jours n'attendent rien de gens pressés.Il nous faut apprendre du précaire, sans relâche.Femme épanouie en ton climat de douceur qui s'élève de la terre, tu es la seule à avoir mise à nu la poésie avant de te laisser emporter par le vent avec tes mots simple délicatement posés sur des forêts et des champs d'espoir. Chose incomprise à l'instant où mourir est toujours devant soi, l'homme lui flotte toujours entre les deux bleus, la mer et le ciel, matin et soir et se mélange à ceux qui manque d'amour. Nous aurions dû nous rendre plus tôt à cette sage évidence, à nouveau attendons le printemps aux milliards de grains de rêve posés sur nos cils.

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L'hiver nous oubliera

La nuit redouble d'attention, je doute de ce qui se rapporte à moi-même. L'ombre se glisse sous la page blanche, doucement j'entre en moi. Voici l'automne j'en recueille les dernières couleurs dans mon mouchoir bleu collé à la vitre, déjà j'esquisse sur la blancheur de l'hiver. Dans nos main une étoile, qui nous rappelle que nous disposons de jours qui nous sont comptés, souviens toi, les gens de notre espèce se doivent de vivre vite, car tout existe dans un seul jour, est-ce pour cela que l'aube nous surprend toujours. L'apothéose c'est la mer et le fond de tes yeux, où se trouve une fontaine de fleurs, voilà ma vie, voilà mon bien. Un rosier gelé craque déjà en mon regard figé, ce qui nous fait oublier, dure toujours si peu. La source n'existe pas sans ravines c'est pour cela que je cherche l'espoir que tes doigts me feront encore rire au fond des mots. Je t'aime comme on aime l'eau et le vase en terre cuite qui en contient, bientôt l'aube nous relancera le soleil dans la chaude odeur des jasmins et l'hiver nous oubliera.

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Entre les étoiles

166022_10151500193958375_971675783_nLe temps nous traverse avec pudeur, sans avoir le mauvais goût de prétendre l’avoir écrit. L’hiver invite à la nostalgie, pourtant nous n’aimons  que le soleil. En un éclair nous disparaitrons, ne laissant qu’un aperçu de nous même,nous mourrons mon amour sans ne rien perdre car tout en nous se recompose,tout évolue au milieu des  couleurs et des fleurs. De nos gestes les plus simple, se souviendrons les arbres éternels.je ne doute plus de ce qui se rapporte à moi même, je n’ai pas de certitudes seulement confiance en l’amour. Je ne veux plus que des rêves sans rancunes, car Il n’y a que l’espace infini qui nous envole vers la vérité absolue de la vie et de la mort. et le calme du soir caresse tendrement le promeneur à l’écoute du ciel. Nous sommes au coeur du vide, encore lové dans le ventre d’une mère disparue entre les étoiles, dans l’obscurité de la mémoire, nous sommes maintenant à jamais.

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Juste au bord

Montreux-20120312-00195Assis au bord de la ville, j'entends, les rumeurs, l'érosion du béton, une musique matérielle sans âme, me propose de tout me donner et de me refuser l'essentiel. Pardessus le gris des niches à casser l'humain, la brise de la mer se glisse entre les toits de promesses sans lendemain, elle écarte les nuages et vient me caresser la peau. Je suis le citoyen d'un monde existant au-delà du monde, où le bien et le mal sont de la plus haute importance et sont mesuré au millimètre près. Je me suis éloigné de la cour des chiens errants, me suis envolé dans une goutte d'amour solaire, sans projet de retour avant dix mille ans. Les montagnes de clarté, protégées par les sapins qui savent, les sentiers qui errent, j'ai survolé et c'est là-bas où reposent les îles, là où le vent de la démesure se laisse boire, que sans retenue l'envol vers le chemin des étoiles est  possible que mon âme s’est posée. La terre ne parle pas pour rien, savoir l'écouter assis au bord des villes, libère des lourdes chaines de la peur et de l'ennui.

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